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MONOD  NEWS

Prix Goncourt des lycéens

Le journal des élèves du Lycée Jacques Monod (45)

La classe de HLP terminale (Humanités, littérature philosophie) participe au Prix Goncourt des lycéens.

Nous vous invitons à partager cette aventure !

Juline, émissaire du lycée pour le Prix Goncourt des lycéens

11/02/2022

Juline, émissaire du lycée pour le Prix Goncourt des lycéens

Jeudi 25 novembre 2021, le Prix Goncourt des Lycéens a été décerné à Clara Dupont-Monod, pour son roman S'adapter. La classe de terminale Littérature&Philo du lycée a été sélectionnée en septembre pour faire partie du jury de ce prix. Après avoir lu la sélection de 14 livres, donc, et après avoir longuement débattu pour en choisir trois, les terminales ont élu une déléguée - Juline - chargée de défendre leur choix devant les délégués d'autres régions. 

C'est ainsi que notre porte-parole s'est retrouvée à Nantes, lundi 22 novembre, avec en poche trois titres et la délicate mission de faire élire l'un des trois par l'ensemble du jury. Il s’agissait de S’adapter de Clara Dupont-Monod, Soleil amer de Lilia Hassaine et de Les enfants de Cadillac de François Noudelmann.

 

NANTES - 22 Novembre 2021

  L'aventure débute un lundi matin, à huit heures. C'est Madame Pesty, professeure de lettres, qui a accompagné Juline à Nantes ce jour-là, pour les délibérations régionales. Parties en train, arrivées à destination vers midi, elles ont été accueillies par deux coordinatrices dans l'hôtel où devait avoir lieu les débats. "On était dix ou onze délégués régionaux", raconte Juline. Dix ou onze délégués régionaux dans la salle, qui ont tour à tour présenté le tiercé élu par leur lycée. Les cinq livres arrivés en tête ont ensuite fait l'objet d'une discussion critique qui a abouti à l'élection d'un nouveau tiercé. Trois livres, dont deux faisaient déjà partie de la sélection choisie par notre lycée...  Les délégués régionaux ont ensuite élu deux délégués nationaux. L'un d'eux s'est avéré être, vous l'aurez compris, Juline. (Vidéo : résultat des délibérations nantaises ©Pesty)

  RENNES - 25 Novembre 2021

Mercredi 24 novembre, donc, Madame Durrheimer, professeure documentaliste, a accompagné Juline à Rennes. Les délibérations finales avaient lieu jeudi 25 au matin. Juline raconte :  "On est allé à 8h30 à l'Hôtel de ville...". Les délégués nationaux n'avaient que dix minutes de délibération par livre et le choix ne fut pas simple à faire : comment départager les romains contemporains retenus ?  Il y en a un,  en tout cas, qui a été élu : S'adapter, de C. Dupont-Monod, Monod comme  notre lycée, c'était un signe !   Un président des délégués nationaux a ensuite été élu pour faire l'annonce : "Ils étaient quatre à se présenter, et c’est Nour qui a été élue, elle est de Belgique", nous précise Juline.  Étapes plus formelles, on a préparé les lycéens à l'accueil des journalistes ainsi qu'aux photos. Enfin, l'annonce a été faite, par Nour, sous les caméras. (Vidéo : Annonce du résultat ©Durrheimer)

 

 

  PARIS - 25 Novembre - 18h30

Dernière étape de ce voyage : Paris. Paris, et plus précisément le Ministère de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports : Juline y a rencontré Jean-Michel Blanquer et Clara Dupont-Monod. Là, il y a eu le temps des discours : discours de Nour, du ministre, du PDG de la FNAC (Enrique Martinez), de la lauréate, d'un membre de l'Académie Goncourt (Pierre Assouline). Il y a eu la lecture d'un extrait de S'adapter, aussi. Et il y a eu le temps des dédicaces - Le lecteur pourra retrouver au CDI un exemplaire dédicacé du roman primé.  Et pour finir, parce qu'en théorie, un voyage ne s'achève qu'une fois le voyageur rentré dans son petit village, il y a eu le retour de Juline, qui a raté son train et qui a rejoint le Loiret très tardivement. (Photo : Pierre Assouline, Clara Dupont-Monod, Jean-Michel Blanquer, Enrique Martinez ©Durrheimer)

 

  Le point de vue de Juline sur cette expérience

"Ça a beaucoup enrichi notre réflexion personnelle ; savoir argumenter, critiquer, débattre... Défendre notre point de vue, défaire le point de vue adverse... Et puis, on a rencontré des personnes des quatre coins de la France, c'était culturellement enrichissant".  

 

S'ADAPTER : l'histoire

Clara Dupont-Monod a été primée trois fois pour son livre : S'adapter a reçu le prix Goncourt des Lycéens mais aussi le prix Femina, et le prix Landerneau.   C'est l'histoire, touchante et poétique, d'après les terminales HLP, d'un enfant qui naît handicapé :  l'auteure nous transporte dans les Cévennes, sous le regard des pierres sèches de cette région, au cœur d'une famille bouleversée par l'arrivée inattendue de ce nourrisson inadapté... Un roman pas très long mais très joli, qui découle de l'expérience propre de Clara Dupont-Monod, et que nous vous conseillons de tout cœur. 


Philippine D.

 

Clara Dupont-Monod récompensée

26/11/2021

Clara Dupont-Monod récompensée

Discours de la présidente du jury des élèves, Nour B.,  (de l’École européenne Bruxelles IV), lors de la cérémonie.

 

"Chère madame Dupont-Monod, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur général, Monsieur le Recteur, Monsieur l'académicien, Mesdames et messieurs les professeurs,

Nous avons appris début septembre que nous allions participer au Prix Goncourt des lycéens 2021.Tout d'abord, nous étions dubitatifs : 14 romans, en deux mois et demi ! Cependant, nous n'étions pas seuls. Avec l'aide de nos professeurs, nous avons dévoré les pages - près de 4 millions ont défilé sous nos doigts - nous avons débattu, échangé, affûté notre esprit critique et surtout pris goût à la littérature. Deux mois et demi de lecture effrénée, puis des délibérations et des votes dans nos classes, dans nos régions et ce matin à Rennes pour le jury national. Nous représentons aujourd'hui 56 classes de lycée, et nous sommes heureux et fiers, Madame Dupont-Monod, de vous rencontrer pour vous remettre votre prix.

 

S'adapter, votre roman, nous a touchés par sa justesse et sa douceur. Nous avons été sensible à la poésie de votre écriture. Le récit des pierres et l'atmosphère minérale donnent un souffle et une légèreté à un sujet important. Ce petit frère inadapté, porté par sa fratrie de diverses manières nous a émus. Le sublime "joue contre joue" de l'aîné et le violent "coup de pied de la cadette" ont laissé leur trace. Les personnages "sans noms" tendent vers l'allégorie. Ils nous ont permis de nous identifier et d'insuffler une portée universelle à l'histoire. Votre roman lumineux incarne le désir de notre génération de s'ouvrir à l'autre, à la tolérance et au respect de toutes les différences. Nous n'oublierons pas cet hymne à la nature, à la famille, à l'amour et à l'espoir.

 

Nous sommes ici ce soir,  13 membres du jury national, pour vous remercier et vous féliciter au nom de tous les lycéens de métropole, de Belgique, Guyane, Guadeloupe, Polynésie française et Australie qui ont participé au Prix Goncourt des lycéens 2021."

 

C. D.

L'éternel fiancé : un amour complexe

14/11/2021

L'éternel fiancé : un amour complexe

J’ai beaucoup aimé ce roman pour son histoire et son écriture ainsi que son rythme. En effet le roman ne raconte pas une simple histoire d’amour entre enfants mais il raconte l’amour complexe que notre narratrice éprouve pour Etienne. L’écriture du livre est simple mais apporte assez de détails pour réussir à imaginer les décors, les personnages et les actions. Le rythme du livre est rapide et Agnès Desarthe joue beaucoup avec les ellipses, ce qui rend le rythme très rapide car toute une vie nous est racontée dans ce livre. Ce roman est beau car il montre à quel point l’amour est précieux et peut durer toute une vie, tout en étant très complexe en même temps. Le thème de l’amour est abordé de plusieurs manières, aussi bien amicales que familiales, et bien sur l’amour romantique voire obsessionnel que notre narratrice ressent pour Etienne. L’écrivaine a su mélanger amour, vie quotidienne, et musicalité de manière très intéressante et captivante.

 

Candice H.

 

Cet ouvrage met en avant des événements qui n’ont pas grande importance, seulement ils donnent une grande réflexion sur l’effet papillon et l’impact des choix que l’on fait. Les nombreuses ellipses insérées dans ce roman nous perdent parfois et il est difficile de s’y retrouver. La fin reste néanmoins légèrement frustrante par rapport au fait que sa vie ne s’est jouée que sur un seul évènement dans son enfance. J’ai pu m’identifier aux pensées de la narratrice par mon propre vécu ce qui me donne tout de même une certaine préférence pour L’éternel fiancé. Je vous conseille très fortement de le lire également.

 

Janelle S.

"Jury-du-Prix-Goncourt-des-Lycéens" : qui sommes-nous ?

02/11/2021

"Jury-du-Prix-Goncourt-des-Lycéens" : qui sommes-nous ?

La prof de littérature poursuit :
  – Le principe est simple. Vous allez devoir lire une douzaine livres, en deux mois, débattre, et en élire un.
  À peine a-t-elle mis un point à sa phrase que ça y est : c'est l'affolement général."
  Notre histoire commence comme ça. 

  L'année dernière, la spé Humanités Littérature Philosophie comprenait deux groupes d'une bonne trentaine d'élèves, entassés dans les préfas été comme hiver, qu'il pleuve ou qu'il vente. 
  Cette année, nous ne sommes plus que 26 (les "rescapés", comme on dit) dont pas mal de filles et relativement peu de garçons. On nous a relogés au deuxième étage. Notre prof de philo est toujours le même mais en littérature, Mme Pesty a succédé à M. Pelletier. Mme Pesty, qui s'investit dans tout un tas de projets pour ses élèves. Si nous faisons partie de l'aventure GDL cette année, c'est sur son initiative et celle de Mme Durrheimer, une des professeures-documentalistes.
  Pour résumer la situation, depuis que nous jouissons du statut de "jury-du-Prix-Goncourt-des-Lycéens", notre classe, c'est cette poignée d'élèves qui défilent sans interruption au CDI pour déposer un livre et en emprunter un autre. 
  Nous sommes la quatrième classe de Monod à faire partie du jury du prix GDL _ jury qui comprend une cinquantaine de classes en tout dans la France _ depuis 1996. 
  Voilà, en substance, qui nous sommes.

 

Philippine D.

Soleil amer de L. Hassaine : deux critiques

16/10/2021

Soleil amer de L. Hassaine : deux critiques

Personnellement, j’ai adoré ce roman qui, au départ, ne m’avait absolument pas tapé dans l’œil. Je dois même avouer que je l’ai choisi par défaut pour que l’ensemble des livres soient lus. 
Je le trouve très simple, de par le lexique employé mais, en plus, le fait que les trois parties soient divisées de manière chronologique nous aide à contextualiser les événements. Je m’attendais à ce qu’il n’y ait pas vraiment d’action, or ce roman est très rythmé, on retrouve un enchaînement de péripéties qui nous tient intéressé. J’ai bien aimé le fait que l’on rentre autant dans l’intimité d’une famille mais qu’en même temps, sans parler du secret familial, il y ait une dimension historique. Nous sommes au début des années 60, ce qui marque l’indépendance de l’Algérie, alors, bien que ce soit un roman et non un mémoire, on en apprend beaucoup sur la considération des Algériens en France à ce moment-là. La fin m’a beaucoup perturbée, on ne prévoit pas comment ce récit va se terminer, c’est aussi cela qui m’a poussée à vous le présenter. 
Je vous conseille de le lire, il est simple, rapide et touchant. Manon M.

 

Lila Hassaine réussit à nous projeter et nous intégrer dans son roman assez mélancolique. En effet, ce livre m’a énormément touchée, notamment avec la condition de la femme dans la culture algérienne dans les années 60 à 80, mais aussi avec les nombreux événements dramatiques qui se déroulent dans ce roman. C’est un livre que j’ai pu lire assez rapidement, grâce à la force de son intrigue mais aussi grâce à sa grande qualité d’écriture. Alicia I.

Un poème inspiré

16/10/2021

Un poème inspiré

A mes douces lunes

 

Ce matin-là, le bateau part presque silencieusement,
Sillonnant la mer en direction de ces terres nouvelles,
Dont ma mère nous faisait l’éloge des heures durant.
Je la soupçonne d’ailleurs d’essayer de se rassurer elle-même.
Notre bateau est donc parti,
Et fort heureusement, le ciel est clair et dégagé aujourd’hui.
Peut-être est-ce signe d’un avenir radieux ?
Mais en voyant ma mère jeter nos dernières dattes aux oiseaux,
J’ai compris qu’elle n’avait aucun doute que le ciel
Était désormais comme prédisposé à nous couvrir de cadeaux.
Et nous ne sommes plus qu’espoir.
Espoir en un avenir moins rude,
Espoir en plus d’opportunités, 
Espoir en de nouvelles études,
Et surtout espoir en toute une nation.
La France.
Cette belle France qui nous faisait le don de nous ouvrir ses portes.
Et tandis que je respire pour la première fois,
L’air de mon nouveau pays que le vent m’apporte, 
Je me tourne vers ma sœur, et lui sourit.

Je n’étais alors qu’euphorie,
Face à l’immensité de cette mer.
Et ce jour-là, sans même m’en apercevoir,
Je quittai mes douces lunes en direction de soleils amers.

 

Anaïs C. 18/10/2021

"C'est un livre qui chamboule, choque, émeut"

16/10/2021

"C'est un livre qui chamboule, choque, émeut"

Extrait de la critique de Maëlynn T.: 

C'est un livre que j'ai beaucoup apprécié. La thématique s'annonce dure avant même la lecture du livre. Le style de l'écriture est plutôt simple mais intensément cru. Christine Angot ne cherche pas à mâcher ses mots, mais bien à transmettre aux lecteurs la violence de l'inceste. C'est d'ailleurs pour cela que cet ouvrage procure beaucoup d'émotions fortes, qu'elles soient la colère, la peur, la frustration, le dégoût. Nous nous identifions à son histoire et nous pouvons tenter de ressentir ce qu'elle, en tant qu'adolescente de 13 ans, a pu ressentir. 
Ce roman littéraire veut aussi être un témoignage direct, une œuvre autobiographique. C'est un livre dans lequel elle semble mener un introspection d'elle-même, de son histoire, comme une tentative de se trouver des réponses aux questions qu'elle se pose. Elle partage sans filtre ses doutes avec ses lecteurs. Ainsi, nous évoluons en même temps qu'elle. Ceci correspond bien avec la continuité de l'ancrage temporel dans lequel elle retrace son parcours. Il y a une vraie volonté de décortiquer date par date les événements qui se sont passés. C'est en respectant cette chronologie qu'elle évoque la complexité émotionnelle qui découle de cette situation dramatique.
Elle cherche une figure paternelle, motivée par l'espoir d'avoir le père dont elle a toujours rêvé. Elle se conforte dans un déni malgré le regard lucide qu'elle porte sur la situation. Le décalage entre ses attentes et la dureté des abus qu'elle subit provoque chez nous, les lecteurs, beaucoup d'empathie, de compassion, de révolte. C'est un ouvrage émouvant et au-delà de son aspect sensationnel, c'est une façon directe de sensibiliser, de dénoncer ces actes barbares qui se déroulent dans le cadre familial. Ce tabou de société est beaucoup plus présent que ce que nous voudrions bien le croire. Elle dévoile avec beaucoup de lucidité et de transparence les mécanismes de manipulation de son père et témoigne de l'impact négatif que cette manipulation perverse a eu sur elle. De plus, elle met en lumière l'inaction des témoins, des personnes qui partagent sa vie. Tout est mis sous silence et la justice est tout aussi incapable de faire la lumière sur tous ces abus. 
Cependant, malgré tous les éloges concernant cette œuvre, quelques détails m'ont déplu. Le roman était prenant, avec de l'action et une écriture simple. Mais vers le milieu de l’œuvre, le changement de présentation et de tournure du format, en journal intime, est long, lassant, ennuyant. La fin du livre est longue à lire, floue, complexe. Le format est assez répétitif et nous laisse sur notre faim. Nous décrochons et perdons tout l’intérêt porté au début de l’œuvre.
Pour conclure, cette œuvre est une très belle réussite, en tous points. C'est une très belle façon d'ouvrir les yeux sur ce tabou de société, sur la destruction qu'il engendre au plus profond d'un individu. Sa façon d'écrire est honnête, pure, sans détour, au même titre que la violence de l'inceste. C'est un livre qui chamboule, choque, émeut. Et c'est la véracité de ces propos, cette opportunité saisie de mettre par écrit une vérité que les personnes ne veulent pas entendre, utiliser sa plume pour concrétiser ce que des millions de personnes, enfants comme adultes, vivent dans l'ombre, qui en font un succès assuré. C'est un ouvrage fort qui se doit d'avoir une audience puisqu'il est d'intérêt public, au même titre que toutes les œuvres ayant pour thématiques d’autres abus, de n'importe quelle sorte qu'ils soient. La fin se veut plus calme mais les secousses qu'il a engendrées chez les lecteurs restent, tout comme les traumatismes de Christine Angot.

 

Extrait de la critique de Gaspard A. : 

Je n’ai pas particulièrement apprécié ce livre à cause du thème abordé mais je trouve néanmoins qu’il est bien écrit dans le sens où le fond et la forme semblent être en parfaite adéquation. De plus le message transmis est fort. Christine dénonce. Finalement je ne recommande pas spécialement de lire ce livre et je mets en garde les futurs lecteurs : âmes sensibles s’abstenir.

 

Extrait de la critique d’Élisa T. : 

J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui est dans un certain sens passionnante puisqu’elle montre les mécanismes extrêmement pernicieux qui poussent une jeune fille à tomber dans le piège émotionnel tendu par son agresseur, qui la pousse à se taire. Je le recommande !

 

Extrait de la critique d’Eve M. :

J’ai bien aimé dans cette œuvre la transparence du personnage avec le lecteur, - la personnage principale étant en plus l’autrice elle-même. Cela rajoutait de l’authenticité dans un contexte d’histoire plutôt sombre. L’absence de trop grandes descriptions sur les décors ou les personnages était sans doute un reflet de la mémoire de l’écrivaine qui lui faisait peut-être défaut avec le temps, alors qu’elle se souvenait parfaitement des évènements. C’est un bel aperçu de la réalité, que l’autrice a décidé de dévoiler. 
Cette œuvre m’a également beaucoup plu grâce à son aspect autobiographique, et ainsi très personnel. Je me suis retrouvée dans certains aspects qu’elle décrivait.
Pour conclure, j’ai beaucoup apprécié cette lecture, et je pense rajouter à ma collection personnelle les autres œuvres et romans de Christine Angot, qui a su me projeter dans son univers d’écriture, et dans une réalité qui nous paraît si irréelle, et qui pourtant se trouve bien plus proche de nous qu’on ne le soupçonne.

« Il descend sous terre. Englouti par les monstres »

16/10/2021

« Il descend sous terre. Englouti par les monstres »

Philippe Jaenada mène  une enquête, qui deviendra au fil des pages une sorte de plaidoirie pour l'innocence de Lucien Léger, condamné en 1964 à la perpétuité pour le meurtre par strangulation du jeune Luc Taron, âgé de 11 ans au moment de sa mort. 
    J'ai pu constater quelques particularités dans l'écriture de l'auteur. Premièrement, je pense que P.Jaenada capte l'attention des lecteurs en utilisant plusieurs procédés, que j'ai trouvés pour ma part assez intéressants. Il a, par exemple, recours à des digressions de manière récurrente, qu'il construit avec une accumulation de parenthèses : selon moi cela pourrait être un moyen d'inciter les lecteurs à suivre le cours du récit. Car 750 pages, de manière objective, c‘est plutôt long. Cette longueur est due à la quantité énorme de détails que nous fournit l'auteur tout au long de l'histoire. Il a en effet fait le choix de la construire à la manière d'une enquête policière. Pour ce faire, il a accumulé une quantité remarquable d'informations, de matière à traiter (il a mis trois ans et demi afin de réussir à collecter assez d'informations et à parvenir à les exploiter correctement puis à les condenser (car oui, 750 pages de roman comparé à 30 000 pages d'informations, c'est indéniablement condensé, même si 750 reste un chiffre important)). Puis, dans le même objectif de capter l'attention de ses lecteurs, de tous les âges, il utilise un langage adapté à tous les publics, et souvent même un langage familier, qu'il agrémente d'une touche d'humour la plupart du temps cachée sous des propos ironiques, afin de rajouter un peu de gaieté à un sujet aussi sinistre tout en gardant de la subtilité et du sérieux en le faisant.
    En ce qui concerne mon ressenti personnel sur le roman, je peux affirmer que je l'ai apprécié, pour plusieurs raisons. J'ai tout d'abord trouvé ce roman très enrichissant : il m'a fait connaître ce fait divers autour de «l'Etrangleur» qui fit pourtant beaucoup de bruit à son époque. Selon moi, ce fut un drame si poignant, et qui dépasse les limites de l'entendement, qu'il faudrait n'avoir que peu de coeur pour ne pas s'y intéresser. La tournure que le récit finit par prendre a également contribué à l'intérêt que je lui ai porté : car on peut remarquer que l'opinion de l'auteur sur l'affaire finit par changer au fur et à mesure qu'il rentre de plus en plus profondément dans les détails, et par conséquent, l'opinion des lecteurs finit également par changer dans le même sens. De manière plus explicite, au commencement Philippe Jaenada ne considère pas de manière catégorique que Lucien Léger soit innocent. Tandis qu'à la fin, il affirme qu'il pourrait mettre sa main à couper sur le fait qu'il ne soit pas le meurtrier de Luc Taron. C'est un retournement de situation que j'ai trouvé surprenant et également plutôt enrichissant : il nous permet, à nous lecteurs, de nous ouvrir l'esprit et de ne pas rester persuadés d'une affirmation fausse, même si elle est populaire. 

    Pour conclure, j'ai trouvé cet ouvrage aussi intéressant qu'enrichissant, malgré sa longueur et la lenteur de l'action à partir du premier quart de l'histoire. Selon moi la fin était à la hauteur du reste du roman, elle était poignante, touchante, et cela reflète parfaitement l'émotion et l'implication de l'auteur vis à vis des faits qu'il nous relate dans son récit. Philippe Jaenada, par le biais de l'écriture parvient à tuer l'image d'un monstre parmi les anges pour la remplacer par celle d'un « ange parmi les monstres », ce qui relève à la fois de la philosophie (relativisme) et de la poésie (cf. Baudelaire « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »), et à mes yeux, c'est une image tout à fait pertinente, qui offre matière à réflexion. Stella P. 18/10/2021

"Une expérience que je conseille vivement"

16/10/2021

"Une expérience que je conseille vivement"

Un style très particulier car dès les premières lignes la chute est annoncée. Mais en laissant une grande par d’ombre, l’auteur nous intrigue et nous pousse à en savoir davantage.

De plus, vient s’ajouter un contexte inspiré de faits réels, ce qui permet de faciliter la visualisation des paysages, même si, pour ma part, le livre m‘a suffi à lui seul pour me plonger dans son monde. Le fait de retracer l’histoire de ces deux combattantes kurdes nous emporte au fil de la lecture dans une dimension où, par moment, on partage leurs sentiments et parfois nous sommes seulement spectateurs comme si nous les suivions dans leurs combats.

En effet, à plusieurs reprises nous changeons de point de vue. L‘histoire est racontée sous  forme de témoignage oral par différents personnages mais aussi à travers le  témoignage écrit de l’une des héroïnes : on ne peut s’ennuyer.

Enclin au modernisme sur le plan de l’égalité des sexes, Patrice Franceschi est un exemple.

Pour finir, la variété qu’apporte ce livre sur le plan imaginaire et littéraire nous tient en haleine jusqu’au dernier mot de la dernière page.

Mayline, L. 18/10/2021

La carte postale d'Anne Berest : critiques littéraires

15/10/2021

La carte postale d'Anne Berest : critiques littéraires

Avis de Mathilde  :

Le récit est assez éprouvant de par ses détails (notamment lors des scènes dans les camps de Pithiviers et d’Auschwitz) mais il nous transmet aussi de fortes émotions et l’on peut ressentir toute la souffrance de cette famille (en grande partie grâce au personnage de Noémie) au destin tragique à travers les mots justes d’Anne Berest. Ce livre est donc pour moi une réussite.

 

Avis de Léa

C’est un livre assez long, avec 502 pages au total. La plupart des livres que je dois lire pour l’école, même si j’ai eu le choix entre plusieurs livres, n’attrapent pas forcément mon attention ou du moins je n’accroche pas. Tout d’abord parce que je ne les choisis pas et puis surtout parce que c’est quelque chose d’obligatoire qui se finit souvent par un questionnaire de lecture. Ce qui fait que je ne prends absolument aucun plaisir à le lire. Mais là, pour le coup, c’est la première fois qu’un livre lu pour le lycée me plaît. J’aime beaucoup le mélange de l’Histoire de la France avec celle de l’auteure. Je ne connaissais pas Anne Berest mais ce livre en particulier me plaît beaucoup. J’aime la manière dont elle raconte l’histoire de sa famille qui finalement retrace aussi le déroulement de l’extermination juive  Et puis en voyant aussi que le nom de Myriam ( la mère de Lélia )  n’apparaît pas sur la carte, il y a cette question que l’on peut se poser qui est « pourquoi son nom n’apparaît pas sur cette carte ? » . On prend conscience de l’impact de cette guerre sur les autres. 

 

Avis Lilou

Le style d’écriture est plutôt simple, ce qui permet à beaucoup de personnes de le lire. J’ai beaucoup apprécié la façon dont l’histoire des ancêtres est racontée, les détails et le vocabulaire employés sont précis. Nous pouvons facilement ressentir les sentiments des personnages au cours de leur périple. Nous pouvons aussi découvrir des termes en lien avec leur religion et leur façon de penser ce qui est très intéressant et qui permet d’étendre nos connaissances et notre vision des choses. Plusieurs références culturelles sont placées, comme des titres de livres, des auteurs ou des musiques.

En revanche, je n’ai pas apprécié les dialogues qui interrompait l’histoire des ancêtres. Certes, cela nous ramenait au moment présent, mais ça me faisait aussi sortir de l’histoire, de la tension et du stress que je pouvais ressentir. Bien que cette partie fût, de mon point de vue, la plus intéressante, celle d’après était un peu longue, c’était de longues conversations sur le racisme vécu par les membres de la famille, c’était intéressant, mais moins et le rythme était assez lent. J’ai trouvé la suite du livre encore moins rythmé, les émotions et sentiments ne transparaissaient plus assez.  

Pour conclure ce livre est enrichissant et intéressant. Je le conseille si vous appréciez les œuvres dénonçant le racisme, ou si vous aimez les enquêtes. 18/10/21

Anne Berest et Lélia Picabia : une rencontre à deux voix

13/10/2021

Anne Berest et Lélia Picabia : une rencontre à deux voix

La Carte Postale, c’est une longue enquête aussi sombre que palpitante sur les traces des ancêtres maternels de l'auteure, déportés juifs et assassinés au camp d’extermination d’Auschwitz. Une lettre anonyme est à l'origine de cette œuvre, qui est consacrée à la recherche de l'identité de l'expéditeur. Mais outre cette aspiration qui anime Anne Berest, elle mène aussi intérieurement une quête d'identité. D'où vient-elle ? Qui est-elle réellement ? Elle nous fait partager sa tumultueuse investigation qu'elle a menée aux côtés de sa mère, Lélia Picabia. Nous sommes plongés dans le XXe siècle, ainsi que dans la vie des personnes qui ont partagé celle de la famille Rabinovitch : voisins, amis, résistants ; de la Russie jusqu'aux camps de la mort, en passant par la Lettonie, la Palestine et la France. 

En reconstituant les mémoires de ses aïeux, Anne Berest s'est fait la promesse de partager avec tous ceux qui le souhaiteraient son histoire, celle de sa famille. C'est pour cette raison qu’elle est venue au Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv à Orléans, le mardi 28 septembre. Il faut savoir que Lélia Picabia a mené des recherches au Cercil sur sa tante Noémie. C’est à cette occasion qu’elle a fait une découverte vraiment extraordinaire : le journal du médecin du camp qui parlait de Noémie. (photo jointe : Lélia Picabia devant la photo de Noémie - Cour du Cercil à Orléans ©monodnews)

A l'occasion de cette rencontre, Mme Berest nous a révélé qu'elle prenait systématiquement des notes sur l’avancée de son enquête, car elle savait préalablement qu'elle devait mettre par écrit cette aventure, et nous la partager. Elle ne savait pas à l'avance si son enquête aboutirait sur une résolution, mais elle tenait à nous faire connaître son récit. 

Anne Berest nous a également fait part de sa vision de son écrit. Elle le considère comme étant un roman vrai, et non comme une biographie, car elle a utilisé des techniques narratives. En effet, certains passages ont été modifiés, et ne correspondent pas tout à fait à la réalité. Le roman trouve sa source dans des faits réels, mais la complexité de l'enquête a contraint l'auteure à changer certains événements. Par exemple, Anne se rend chez un détective privé seule dans le livre, mais en réalité elle y va accompagnée de sa mère. De même, les échanges avec les descendants des voisins des Rabinovitch se fait en une fois dans le livre, contrairement à la réalité où de nombreux voyages ont été effectués dans le village qui abritait Les Forges. Le roman ne peut pas contenir en 500 pages une enquête qui s'est éparpillée sur plusieurs années.  A partir des documents trouvés, elle a pu déduire la psychologie de ses ancêtres, et donc reconstituer de manière assez réaliste le déroulement des faits. Elle nous donne ainsi l'exemple du billet de recensement de la famille Rabinovitch comme étant juive. Ephraïm et Emma étaient les tous premiers sur la liste, ce qui montre de leur part une conformité naïve à la société ; tandis que leurs deux enfants avaient fait la démarche en tout dernier : l'adolescence et leur fort caractère les avaient sans doute poussés à contester la décision du régime de Vichy. (Photo : Anne Berest échange avec ses lecteurs après la rencontre ©pesty)

Enfin, l'auteure nous a confié sa nécessité de plonger pleinement dans la vie de ses ancêtres. Ses parents sont laïques, et elle n'a jamais eu aucun contact avec le judaïsme, qui est originellement la religion de sa famille. Alors, comment se situer par rapport aux personnes de confession juive ? Elle souhaitait le découvrir, elle désirait s'ouvrir à cette culture familiale pourtant si étrangère.

En définitive, la notion de transmission a été un fil conducteur dans son écriture. Les témoins et acteurs de cette sombre période disparaissent, les histoires tombent dans l'oubli, et elle fait tout pour faire subsister cette période dans notre mémoire.  Juline A. 18/10/2021